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Bio
Lyor écrit depuis l’âge de dix ans, il commence à consigner, des phrases d’abord, des anecdotes, des poèmes, des nouvelles, puis des textes de rap. De la génération 80, il a grandi avec le hip-hop.
Il commence une expérience de groupe à Toulouse, en 1995. Il participe alors à quelques concerts et quelques mix-tapes et anime une émission sur la radio Campus locale, en 1996.
En 2001, Lyor décide de retourner vers les racines de son enfance et débarque à Paris. Le lendemain soir, il découvre le slam et ses futurs acolytes. Il participe alors à cette aventure en fondant le Collectif 129H, premier collectif de slam français qui rayonne de Paris aux régions en passant par des territoires plus lointains (Europe, Maroc, Egypte, Guyane française, Burundi…)
Après quelques années de scènes slam, performances, concerts, et ateliers, grâce à toutes ses rencontres, Lyor s’enrichit d’une couleur musicale directement inspirée par ses textes, teintés d’espérance et de mélancolie, grâce au talent de Nicolas Seguy, pianiste et réalisateur du projet « No Mad Land », spectacle musical co produit par la scène nationale du Beauvaisis et qui aboutira à un EP sorti en 2015.
En 2016, il participe à une création franco-américaine, à Chicago, mise en scène par Marc Smith, inventeur du slam.
En 2017, Lyor fait une entrée remarquée dans le monde de la voix off, avec le spot IKEA, Place à la vie. Il est désormais managé par l’agence de voix off Charles Neuville. Il continue bien sûr d’animer de nombreux ateliers, d’écrire ses poèmes et de les mettre en musique, toujours avec la complicité de Nicolas Séguy.
Depuis 2018, il est aussi membre du Conseil d’administration de la Ligue Slam de France, en tant que référent de la zone Île de France.

En 2020, Lyor écrit, co-compose et réalise un nouvel EP : Lettre au Néant, sorti sur le label 129H et distribué par Modulor.
En 2023, avec Rouda et le linguiste Julien Barret, il publie L’atelier slam : écrire et dire des mots qui claquent chez First Editions.
En 2025, il sort son premier recueil, aux éditions Les souffleurs de vers.
Avant-propos
Ceci n’est pas du slam. Pas de scène, pas de micro, pas de regards partagés dans la pénombre d’un bar. Juste des mots, alignés sur la page. Mais derrière eux, vingt-cinq ans d’instants suspendus.
Entre vos mains un recueil de textes, écrits par un slameur. Ceci n’est pas du slam, car le slam n’est pas un genre mais un moment. Ceux qui me connaissent m’ont déjà entendu dire cela, tant de fois. Il reste encore beaucoup de pédagogie à faire autour de ce mouvement. Ainsi est né le personnage du Slamologue, que je développe sur scène à partir de ce corpus de textes. Mon parcours d’auteur-interprète a été, depuis le début, lié à la transmission. J’ai toujours cherché à communiquer ma passion et la rendre accessible à chacune et chacun, notamment grâce aux ateliers slam que j’anime depuis mes débuts.
J’ai découvert cette nouvelle forme poétique à travers le film éponyme « Slam », de Marc Levin, sorti en 1998 (caméra d’Or à Cannes cette année-là), avec Saul Williams dans le rôle principal.

Je pratiquais sans le savoir quand je rappais mes textes a cappella pour un public pas toujours consentant… C’est d’abord la culture hip-hop, le rap, qui m’a saisi et emmené sur les rives de l’écriture et de l’oralité. Au début des années 90, je découvre les textes d’IAM et NTM, et ils me donnent l’envie de créer moi aussi. Gamin de Belleville et d’Aubervilliers, c’est à Toulouse, où je passe mon adolescence, que je me mets à rapper.
Lorsque je décide, à 20 ans, de revenir m’installer à Paris, c’est pour « faire carrière » dans ce milieu. Le destin avait d’autres plans pour moi. Un de mes beaux-frères de l’époque, Hocine Ben, m’amène à ma première session slam parisienne, au bar Les Lucioles, sur le boulevard de Ménilmontant. Un énergumène éructe sur scène qu’il est « une putain de libellule » et appelle des inconnus sur l’estrade, les uns après les autres. Pilot Le Hot est aux commandes. L’ambiance est rigolarde, alcoolisée, poétique, électrique, foutraque, rafraîchissante. On est au début d’un nouveau millénaire et la vie semble commencer réellement pour moi à cet instant.
J’y rencontre mes acolytes d’hier et d’aujourd’hui, Rouda, Neobled, Nina Nonyme, Yann Thomas, Nour Sabah, avec qui nous formons le Collectif 129H, que nous avons fièrement (présomptueusement ?) sous-titré « premier collectif de slam français ». Je ne sais pas si, quelque part en France, d’autres ont eu la même idée, à la même période, mais, toujours est-il qu’en 2001, nous avons été les premiers à organiser et animer collectivement des sessions slam à Paris, ainsi qu’à créer des performances à plusieurs.
Nous avons ouvert une tribune de libre expression et offert la prise de parole à tant de slameuses et de slameurs qu’il me serait impossible de toutes et tous les citer… J’en suis donc réduit à faire un peu de « lâcher de noms » pour illustrer mon propos. Sur nos scènes sont passés (et certains pour leur première fois), Grand Corps Malade (qui le raconte si bien dans sa préface), Gael Faye, Souleymane Diamanka, Luciole, Hippocampe Fou, Nicolas Séguy, D’ de Kabal…
Ce furent des années incroyables où s’est formée une petite communauté de diseurs de folles aventures, oserais-je dire une famille, liée par les liens du verbe et de la verve.
J’ai pu observer de près les premières années d’un mouvement artistique français, qui naquît outre atlantique, en 1986, dans un bar de Chicago, le Green Mill. Marc Kelly Smith y invente alors un renouvellement de la forme poétique en la rendant performative et en la liant au théâtre. Il y crée des tournois de poésie et nomme cela « slam », du slang, au multiples sens, référence au claquement de la langue, comme claque la balle de baseball projetée hors du stade, le ballon de basket dans l’anneau, ou la porte claquée avec l’énergie de la colère… J’ai eu la chance de rencontrer et travailler avec Marc Smith, c’est un type adorable, humble, qui a ouvert le champ des possibles à tant de personnes sur tous les continents…
Ce recueil est donc le refet de ce parcours. Vingt-cinq ans à écrire et dire. Il était temps de laisser une trace tangible de ces « papillons de papiers » si bien décrits par Souleymane Diamanka, ailleurs que dans l’instantanéité de la scène, qui reste malgré tout l’essence de ce travail. Aussi, je souhaitais que ces textes puissent être entendus autant que lus. Vous pourrez donc les retrouver en version audio, a cappella ou mis en musique par Nicolas Séguy, Gilles Erhart ou Jean-Baptiste Dambroise en scannant le QR code ou en vous rendant directement à l’adresse internet à la fn de cet avant-propos. J’ai également tenu à associer une citation à chaque texte car le poète est cannibale et se nourrit de ses congénères…
Le recueil se divise en trois parties représentant tous les aspects de ma création, de l’intime à l’universel, du constat à l’engagement, de la contrainte d’écriture à la liberté de dire. Enfn, c’est une émotion toute particulière pour moi de faire éditer ce premier recueil aux Éditions des Souffeurs de Vers, dont la créatrice, Léa Cerveau fut une de mes premières participantes d’atelier slam, il y a de cela plus de 20 ans. La boucle est bouclée.
Je conclurais, en toute immodestie, en citant à nouveau Souleymane Diamanka, pour sa meilleure punchline : « L’ambiance s’améliore, quand j’entends slamer Lyor. »
Bonne lecture, bonne écoute.
Éditions
Les Souffleurs de vers est une maison d'édition associative fondée et dirigée par la poétesse et slameuse Léa Cerveau.
Outre la publication de livres, la mission de l'association loi 1901 Editions Les souffleurs de vers est, plus généralement, de permettre la diffusion de la poésie pour tous les publics en tant qu'objet de littérature et en tant qu'art vivant.
https://www.lessouffleursdevers.fr




