
Chapitre 2. Un jour de plus
Alors voilà, je continue.
J’écris ce second chapitre en équilibre entre deux années. Et encore sous la neige. C’est donc de bonne augure.
J’ai fini 2009 en Autriche à l’invitation de Bauchklang, un groupe vocal qui m’a proposé un featuring sur leur 5ème album. Signs, c’est le nom de l’opus, devrait sortir en mars 2010. Les mecs ne rigolent pas. On ne les connaît pas trop en France, mais ils enchaînent les tournées internationales depuis bientôt dix ans.
Pour fêter la sortie de l’album en Autriche, ils ont organisé un gros concert à quelques kilomètres de Vienne. Le show était assez incroyable. Pour les 1500 personnes du public, autant que pour moi. Énergie, engagement, sueur et mise en scène millimétrée. Tout ce que j’aime.
Le crédo de Bauchklang (littéralement Le son du ventre) c’est : Nothing but human voice and a microphone. Un peu comme dans le slam, le seul support rythmique et sonore c’est la voix. A la différence qu’ils arrivent à en faire une musique complète, entre hip – hop, électro et drum and bass. Pour moi Bauchklang, c’est un mélange de Police, Massive Attack et Saïan Supa Crew. Si vous voulez vous en faire une idée, je vous invite à vous imprégner un peu de leur musique sur : http://bauchklang.willinge
J’ai pu interpréter le titre qu’on a écrit ensemble Picture of a lie. Et puis ce soir là, j’ai enfin rencontré Ursula Rucker, invitée également sur leur album. Ursula est une des plus grandes artistes de la scène Spoken Word américaine. Proche de The Roots et des Nubians, elle vit à Philadelphie et sillonne la planète avec une posture qui met à mal les imposteurs se revendiquant d’une musique militante.
http://www.myspace.com/urs
De retour à l’hôtel, je me suis dit plusieurs choses. D’abord, que je parle vraiment mal anglais. Ensuite, que c’est une vraie chance de pouvoir voyager avec des textes écrits sur un coin de table. Enfin, qu’un morceau en combinaison avec Bauchklang et Ursula serait une belle surprise pour mon prochain album.
De retour en France, j’ai commencé les années 10 en Normandie. Croyez moi ou pas, mais il y avait plus de neige qu’en Autriche. On s’est retrouvé avec « mes musiciens » pour une seconde résidence de création. Je n’aime pas trop écrire ou dire « mes musiciens », parce qu’ils ne m’appartiennent pas. Mais pour l’instant c’est comme ça que je les appelle, vu qu’ils se creusent encore la tête pour trouver un nom au band qui m’accompagnera sur scène.
Plutôt que de s’enfermer dans un studio parisien, on s’est enfermé dans un gîte rural à quelques minutes de Rouen. On a installé un studio de répétitions dans le salon, on a fait des réserves de whiskey irlandais, on a allumé la cheminée, et on a bossé pendant quatre jours.
Résultat, on a mis en place une douzaine de titres. Des morceaux réarrangés de l’album Musique des Lettres. Des morceaux du prochain album. Des duos improbables. Et quelques ovnis….
On va commencer à maquetter les nouvelles chansons en février. Toujours à l’ombre des brindilles. Il nous reste pas mal de temps avant le concert de mars. On devrait aussi tester le show dans une petite salle à Rouen. Bientôt, promis, je pourrai vous donner à voir et à entendre.













